homecarab1.fr
Biophysiquechevron_rightTransports membranaires — approche physiquechevron_rightPotentiel de membrane et équation de Goldman
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Définir le potentiel de membrane
  • 2Les deux conditions nécessaires à sa genèse
    • 2.1Des gradients de concentration
    • 2.2Une perméabilité sélective
  • 3De la diffusion ionique à l’équilibre électrique
  • 4L’équation de Goldman-Hodgkin-Katz lock — section verrouillée
  • 5Interpréter le poids de chaque ion lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biophysiquechevron_right
  4. Transports membranaires — approche physiquechevron_right
  5. Potentiel de membrane et équation de Goldman

B7 · Transports membranaires — approche physique

Potentiel de membrane et équation de Goldman

Expliquer la genèse du potentiel de repos à partir des gradients ioniques et des perméabilités relatives. Écrire l'équation de Goldman et discuter le poids de chaque ion selon l'état de la membrane.

Biophysique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Définir le potentiel de membrane

Une membrane biologique sépare deux solutions ioniques, le milieu intracellulaire et le milieu extracellulaire. Comme la bicouche lipidique est très peu perméable aux ions, leurs passages s'effectuent principalement par des protéines membranaires sélectives.

Définition

Potentiel de membrane VmV_mVm​

Différence de potentiel électrique entre les faces intracellulaire et extracellulaire de la membrane, définie par Vm=Vi−VeV_m = V_i - V_eVm​=Vi​−Ve​, où ViV_iVi​ est le potentiel intracellulaire et VeV_eVe​ le potentiel extracellulaire.

Par convention, le potentiel extracellulaire est généralement pris comme référence. Un potentiel de membrane négatif signifie donc que la face intracellulaire est électriquement négative par rapport à la face extracellulaire.

Définition

Potentiel de repos

Valeur stationnaire du potentiel de membrane d'une cellule qui ne reçoit pas de stimulation modifiant rapidement ses perméabilités ioniques.

Le potentiel de repos ne résulte pas d'une différence globale massive de charges entre les deux milieux. Chacun reste presque électroneutre dans son volume. Seule une très faible fraction des ions s'accumule au voisinage immédiat de la membrane, formant une séparation de charges comparable à celle d'un condensateur.

Les deux conditions nécessaires à sa genèse

Des gradients de concentration

Pour un ion donné, une différence de concentration entre les deux compartiments crée une tendance à la diffusion du milieu où sa concentration est élevée vers celui où elle est faible. Cette composante chimique du transport dépend du gradient de concentration.

Ces gradients ioniques sont entretenus par des transports actifs. La pompe sodium-potassium maintient notamment des concentrations différentes de sodium et de potassium entre les milieux intra- et extracellulaire. Son rôle principal dans le potentiel de repos est donc indirect : elle conserve les gradients indispensables aux flux passifs.

La pompe est aussi électrogène, car ses échanges ne transportent pas autant de charges positives dans les deux sens. Cette propriété peut contribuer directement au potentiel, mais elle n'explique pas à elle seule sa valeur.

Une perméabilité sélective

Définition

Perméabilité ionique PXP_XPX​

Aptitude globale de la membrane à laisser traverser l'ion XXX. Elle dépend notamment du nombre de voies de passage disponibles, de leur sélectivité et de leur état d'ouverture.

Un gradient de concentration ne produit durablement une séparation de charges que si l'ion concerné peut franchir la membrane. Une membrane également imperméable à tous les ions conserve les gradients, mais ne permet pas l'apparition des flux diffusifs nécessaires à la genèse du potentiel.

Inversement, si plusieurs ions traversent la membrane, ils n'y contribuent pas tous avec la même intensité. Leur influence dépend de leur perméabilité relative dans l'état considéré de la membrane.

À retenir

Le potentiel de repos exige simultanément des gradients ioniques transmembranaires et une perméabilité sélective. Les gradients fournissent la force motrice chimique, tandis que les perméabilités déterminent quels ions peuvent effectivement agir sur VmV_mVm​.

De la diffusion ionique à l’équilibre électrique

Lorsqu'un ion diffuse à travers la membrane, il transporte sa charge électrique. Une séparation de charges apparaît alors et crée une force électrique qui peut s'opposer à la diffusion chimique.

Pour chaque ion, le sens du déplacement dépend donc d'un gradient électrochimique, qui associe :

  • la composante chimique liée à la différence de concentration ;
  • la composante électrique liée au potentiel de membrane et à la charge de l'ion.

Le potentiel d'équilibre d'un ion, calculé par l'équation de Nernst étudiée dans la fiche précédente, est la valeur de VmV_mVm​ pour laquelle ses forces chimique et électrique se compensent. Si la membrane n'était perméable qu'à un seul ion, son potentiel tendrait vers le potentiel d'équilibre de cet ion.

Une membrane réelle est perméable à plusieurs espèces ioniques. Le potentiel observé ne coïncide donc généralement avec aucun potentiel d'équilibre pris isolément. Il résulte de leur contribution combinée.

Attention

Équilibre électrochimique et état stationnaire

Au potentiel de repos, le courant ionique total est nul ou compensé : le potentiel est stationnaire. Cela ne signifie pas que chaque ion est individuellement à l'équilibre ni que tous les flux ioniques sont nuls.

L’équation de Goldman-Hodgkin-Katz

L'équation de Goldman-Hodgkin-Katz, souvent appelée équation de Goldman, relie le potentiel de membrane aux concentrations ioniques et aux perméabilités relatives. Pour les principaux ions monovalents potassium, sodium et chlorure, elle s'écrit :

Formule

Équation de Goldman-Hodgkin-Katz

Vm=RTFln⁡(PK[K+]e+PNa[Na+]e+PCl[Cl−]iPK[K+]i+PNa[Na+]i+PCl[Cl−]e)V_m = \frac{RT}{F} \ln \left( \frac{ P_{\mathrm{K}}[\mathrm{K^+}]_e + P_{\mathrm{Na}}[\mathrm{Na^+}]_e + P_{\mathrm{Cl}}[\mathrm{Cl^-}]_i }{ P_{\mathrm{K}}[\mathrm{K^+}]_i + P_{\mathrm{Na}}[\mathrm{Na^+}]_i + P_{\mathrm{Cl}}[\mathrm{Cl^-}]_e } \right)Vm​=FRT​ln(PK​[K+]i​+PNa​[Na+]i​+PCl​[Cl−]e​PK​[K+]e​+PNa​[Na+]e​+PCl​[Cl−]i​​)
  • VmV_mVm​ : potentiel intracellulaire relativement au potentiel extracellulaire, en volts
  • RRR : constante des gaz parfaits, en joules par mole et par kelvin
  • TTT : température absolue, en kelvins
  • FFF : constante de Faraday, en coulombs par mole
  • ln⁡\lnln : logarithme népérien
  • PKP_{\mathrm{K}}PK​, PNaP_{\mathrm{Na}}PNa​ et PClP_{\mathrm{Cl}}PCl​ : perméabilités membranaires respectives au potassium, au sodium et au chlorure
  • [K+]i[\mathrm{K^+}]_i[K+]i​, [Na+]i[\mathrm{Na^+}]_i[Na+]i​ et [Cl−]i[\mathrm{Cl^-}]_i[Cl−]i​ : concentrations intracellulaires respectives
  • [K+]e[\mathrm{K^+}]_e[K+]e​, [Na+]e[\mathrm{Na^+}]_e[Na+]e​ et [Cl−]e[\mathrm{Cl^-}]_e[Cl−]e​ : concentrations extracellulaires respectives

L'inversion des concentrations du chlorure dans le quotient vient de sa charge négative. Les concentrations extracellulaires des cations figurent au numérateur, alors que la concentration intracellulaire de l'anion y figure.

Exemple

Calculer un potentiel de repos avec l’équation de Goldman

À 37 °C, les concentrations sont les suivantes :

  • [KX+]i=140[\ce{K+}]_i = 140[KX+]i​=140 mmol/L et [KX+]e=4[\ce{K+}]_e = 4[KX+]e​=4 mmol/L ;
  • [NaX+]i=12[\ce{Na+}]_i = 12[NaX+]i​=12 mmol/L et [NaX+]e=145[\ce{Na+}]_e = 145[NaX+]e​=145 mmol/L ;
  • [ClX−]i=10[\ce{Cl-}]_i = 10[ClX−]i​=10 mmol/L et [ClX−]e=120[\ce{Cl-}]_e = 120[ClX−]e​=120 mmol/L.

Les perméabilités relatives sont PK=1P_K = 1PK​=1, PNa=0,04P_{Na} = 0{,}04PNa​=0,04 et PCl=0,45P_{Cl} = 0{,}45PCl​=0,45. Avec RT/F=26,7RT/F = 26{,}7RT/F=26,7 mV, le quotient de Goldman vaut :

1×4+0,04×145+0,45×101×140+0,04×12+0,45×120=14,3194,48=0,0735\frac{1 \times 4 + 0{,}04 \times 145 + 0{,}45 \times 10}{1 \times 140 + 0{,}04 \times 12 + 0{,}45 \times 120} = \frac{14{,}3}{194{,}48} = 0{,}07351×140+0,04×12+0,45×1201×4+0,04×145+0,45×10​=194,4814,3​=0,0735

Les concentrations du chlorure sont bien placées à l’inverse de celles des cations : [ClX−]i[\ce{Cl-}]_i[ClX−]i​ est au numérateur et [ClX−]e[\ce{Cl-}]_e[ClX−]e​ au dénominateur.

Vm=26,7×ln⁡(0,0735)=26,7×(−2,61)=−69,7 mVV_m = 26{,}7 \times \ln(0{,}0735) = 26{,}7 \times (-2{,}61) = -69{,}7\ \text{mV}Vm​=26,7×ln(0,0735)=26,7×(−2,61)=−69,7 mV

Le potentiel de membrane est donc d’environ −70-70−70 mV. Il est négatif à l’intérieur et proche du potentiel d’équilibre du potassium, car la perméabilité au potassium est ici la plus élevée.

Cette expression repose notamment sur l'approximation d'un champ électrique constant dans l'épaisseur de la membrane, sur des flux ioniques indépendants et sur la prise en compte d'ions monovalents. Elle décrit le potentiel pour lequel la somme des courants portés par les ions considérés s'annule.

Interpréter le poids de chaque ion

Dans l'équation, chaque concentration est multipliée par la perméabilité correspondante. La contribution d'un ion dépend donc de deux éléments indissociables :

  • l'ampleur de son gradient de concentration ;
  • la perméabilité de la membrane à cet ion.

Un ion très concentré mais auquel la membrane est presque imperméable contribue peu au potentiel. À l'inverse, une forte perméabilité donne à l'ion un poids important : VmV_mVm​ se rapproche alors de son potentiel d'équilibre.

Au repos, la membrane est généralement beaucoup plus perméable au potassium qu'au sodium. Le potentiel de repos est donc principalement gouverné par le potassium et se situe près de son potentiel d'équilibre, sans lui être nécessairement égal. La perméabilité résiduelle au sodium déplace le potentiel vers une valeur moins négative. La contribution du chlorure dépend de sa distribution et de sa perméabilité propres.

Comparaison

Effet d'une modification de perméabilité

ModificationConséquence sur le poids ioniqueEffet sur VmV_mVm​
Augmentation de PXP_XPX​contribution de l'ion XXX accruerapprochement du potentiel d'équilibre de XXX
Diminution de PXP_XPX​contribution de l'ion XXX réduiteéloignement du potentiel d'équilibre de XXX
Perméabilité presque nullecontribution négligeablegradient de XXX peu influent sur VmV_mVm​
Méthode

Prévoir qualitativement une variation de potentiel

  1. Identifier l'ion dont la perméabilité est modifiée
  2. Déterminer son potentiel d'équilibre relativement au potentiel initial
  3. Conclure que l'augmentation de sa perméabilité attire VmV_mVm​ vers ce potentiel d'équilibre
  4. Tenir compte simultanément des autres ions encore perméants
  5. Vérifier que le sens prévu respecte la convention Vm=Vi−VeV_m = V_i - V_eVm​=Vi​−Ve​

Une membrane n'a donc pas un ensemble fixe de poids ioniques. L'ouverture ou la fermeture de voies sélectives modifie les perméabilités relatives et, par conséquent, la valeur de VmV_mVm​. Une évolution vers une valeur moins négative est une dépolarisation ; une évolution vers une valeur plus négative est une hyperpolarisation.

Attention

Une ouverture cationique ne signifie pas toujours dépolarisation

L'effet d'une augmentation de perméabilité ne dépend pas uniquement du signe de l'ion. Le potentiel de membrane se déplace vers le potentiel d'équilibre de l'ion devenu plus perméant.

À retenir

L'équation de Goldman est une moyenne électrochimique pondérée par les perméabilités, et non une moyenne arithmétique des potentiels d'équilibre. Quand la perméabilité à un ion domine, VmV_mVm​ tend vers le potentiel d'équilibre de cet ion.

Points clés
  • Le potentiel de membrane est défini par Vm=Vi−VeV_m = V_i - V_eVm​=Vi​−Ve​
  • Sa genèse nécessite des gradients ioniques et une perméabilité membranaire sélective
  • Chaque ion influence VmV_mVm​ selon sa concentration et sa perméabilité relative
  • Dans l'équation de Goldman, les concentrations du chlorure sont inversées par rapport à celles des cations
  • Au repos, la forte perméabilité au potassium place généralement VmV_mVm​ près du potentiel d'équilibre du potassium
  • Toute modification de perméabilité déplace VmV_mVm​ vers le potentiel d'équilibre de l'ion concerné

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Transports membranaires — approche physique.

  • Fiche 01Perméabilité membranaire et loi de FickTransports membranaires — approche physique
  • Fiche 02Osmose, pression osmotique et loi de RaoultTransports membranaires — approche physique
  • Fiche 03Filtration et ultrafiltrationTransports membranaires — approche physique
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentÉquation de Nernst et équilibre de Gibbs-DonnanTransports membranaires — approche physiqueSuivantarrow_forwardMobilité ionique, conductivité et canaux ioniquesTransports membranaires — approche physique
Sommaire
  • 1Définir le potentiel de membrane
  • 2Les deux conditions nécessaires à sa genèse
    • 2.1Des gradients de concentration
    • 2.2Une perméabilité sélective
  • 3De la diffusion ionique à l’équilibre électrique
  • 4L’équation de Goldman-Hodgkin-Katz lock — section verrouillée
  • 5Interpréter le poids de chaque ion lock — section verrouillée