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Sommaire

  • 1Définir la régulation épigénétique
  • 2Méthylation de l'ADN
    • 2.1Formation de la 5-méthylcytosine
    • 2.2Îlots CpG
  • 3Modifications covalentes des histones
    • 3.1Nature des modifications lock — section verrouillée
    • 3.2Acétylation et accessibilité lock — section verrouillée
    • 3.3Méthylation et code des histones lock — section verrouillée
  • 4Transmission au cours des divisions cellulaires lock — section verrouillée
    • 4.1Entretien de la méthylation de l'ADN lock — section verrouillée
    • 4.2Rétablissement des marques d'histones lock — section verrouillée
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B3 · Expression des gènes

Régulation épigénétique : méthylation et modifications des histones

Définir l'épigénétique et décrire la méthylation de l'ADN, les îlots CpG et leur effet sur l'expression. Présenter le code des modifications d'histones et la transmission de ces marques au cours des divisions.

Biologie moléculaire et génome·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Définir la régulation épigénétique

Définition

Épigénétique

Ensemble des mécanismes qui modifient durablement l'activité des gènes sans modifier la séquence nucléotidique de l'ADN. Ces états sont réversibles et peuvent être transmis lors des divisions cellulaires.

Toutes les cellules d'un organisme possèdent en principe le même génome, mais elles n'en utilisent pas les mêmes régions. La régulation épigénétique contribue ainsi à établir puis à maintenir une identité cellulaire en rendant certains gènes accessibles à la transcription et d'autres durablement silencieux.

L'ensemble des états épigénétiques d'une cellule constitue son épigénome. Contrairement au génome, il varie selon le type cellulaire, le stade de développement et l'environnement cellulaire.

Les marques épigénétiques agissent principalement sur la chromatine, association de l'ADN et des protéines qui l'organisent. La structure du nucléosome et les niveaux de compaction de la chromatine sont détaillés dans la fiche consacrée à la chromatine. Ici, deux mécanismes sont essentiels :

  • la méthylation de l'ADN ;
  • les modifications covalentes des histones.

Ces mécanismes influencent la possibilité pour les facteurs de transcription et les complexes enzymatiques d'atteindre l'ADN. Les promoteurs, les séquences régulatrices et les facteurs de transcription sont étudiés dans la fiche précédente.

Comparaison

Information génétique et information épigénétique

CritèreInformation génétiqueInformation épigénétique
Support principalséquence des nucléotidesmarques de l'ADN et des histones
Stabilitétrès élevéestable mais réversible
Transmission mitotiqueréplication de la séquencemécanismes de copie ou de rétablissement
Effetdétermine les séquences disponiblesmodule leur utilisation

Méthylation de l'ADN

Formation de la 5-méthylcytosine

Définition

Méthylation de l'ADN

Ajout covalent d'un groupement méthyle sur une base de l'ADN. Chez les mammifères, elle concerne principalement le carbone 5 d'une cytosine appartenant à un dinucléotide CpG, ce qui produit une 5-méthylcytosine.

Dans un dinucléotide CpG, une cytosine est suivie d'une guanine sur le même brin d'ADN. La lettre « p » désigne la liaison phosphodiester qui relie les deux nucléotides. Cette notation ne décrit donc pas l'appariement entre les deux brins.

La méthylation est catalysée par des ADN méthyltransférases, abrégées DNMT. Ces enzymes transfèrent un groupement méthyle fourni par la S-adénosylméthionine sur la cytosine :

  • DNMT3A et DNMT3B établissent principalement de nouveaux profils de méthylation ;
  • DNMT1 entretient principalement les profils déjà présents après la réplication.

La méthylation n'est pas irréversible. Les enzymes de la famille TET favorisent l'oxydation de la 5-méthylcytosine, première étape de voies conduisant à son remplacement par une cytosine non méthylée. Une déméthylation peut également apparaître passivement si la méthylation n'est pas entretenue au cours des réplications successives.

Îlots CpG

Définition

Îlot CpG

Région de l'ADN relativement riche en dinucléotides CpG, souvent située à proximité du promoteur d'un gène.

Dans une cellule normale, une grande partie des CpG dispersés dans le génome est méthylée, tandis que de nombreux îlots CpG associés à des promoteurs restent non méthylés. Cette absence de méthylation contribue à maintenir une chromatine compatible avec l'initiation de la transcription.

À l'inverse, la méthylation d'un îlot CpG promoteur est généralement associée à une répression transcriptionnelle durable. Elle agit par deux voies complémentaires :

  1. elle peut empêcher directement la fixation de certains facteurs reconnaissant une séquence contenant un CpG ;
  2. elle recrute des protéines capables de reconnaître l'ADN méthylé, notamment les protéines à domaine MBD, qui attirent ensuite des complexes répressifs et des histone désacétylases.

La chromatine devient alors moins accessible, ce qui réduit la fixation de la machinerie transcriptionnelle.

Attention

La méthylation n'a pas un effet uniforme

La méthylation d'un îlot CpG situé dans un promoteur est généralement répressive. Il ne faut pas en déduire que toute méthylation, quelle que soit sa position dans le génome, provoque automatiquement l'arrêt d'un gène.

À retenir

Un promoteur riche en CpG est généralement permissif lorsqu'il est non méthylé et durablement réprimé lorsqu'il est méthylé. L'effet résulte à la fois d'une gêne directe de certaines liaisons à l'ADN et du recrutement de complexes qui ferment la chromatine.

Modifications covalentes des histones

Nature des modifications

Les histones possèdent des extrémités, appelées queues d'histones, accessibles aux enzymes nucléaires. Plusieurs de leurs acides aminés peuvent subir des modifications covalentes réversibles :

  • acétylation de résidus lysine ;
  • méthylation de résidus lysine ou arginine ;
  • phosphorylation de résidus sérine, thréonine ou tyrosine ;
  • ubiquitinylation de certaines lysines.

Une marque est désignée par l'histone concernée, l'acide aminé modifié, sa position et le degré éventuel de modification. Ainsi, les notations distinguent une mono-, une di- ou une triméthylation.

Trois catégories fonctionnelles de protéines interviennent :

  • les enzymes d'écriture, qui déposent les marques ;
  • les enzymes d'effacement, qui les retirent ;
  • les protéines de lecture, qui reconnaissent une marque et recrutent d'autres complexes.

Acétylation et accessibilité

L'acétylation des lysines est catalysée par les histone acétyltransférases. Elle neutralise une partie de la charge positive des lysines, ce qui affaiblit certaines interactions entre les histones et l'ADN chargé négativement. Elle crée aussi des sites reconnus par des protéines favorisant une chromatine accessible.

L'acétylation est donc généralement associée à une transcription active ou possible. Les histone désacétylases retirent ces groupements et favorisent, le plus souvent, une chromatine plus compacte et répressive.

Méthylation et code des histones

Contrairement à l'acétylation, la méthylation d'une histone n'a pas un effet unique. Sa signification dépend :

  • de l'histone concernée ;
  • du résidu modifié ;
  • du nombre de groupements méthyle ;
  • des autres marques présentes dans le même domaine chromatinien.
Définition

Code des histones

Principe selon lequel la combinaison des modifications portées par les histones constitue un signal reconnu par des protéines spécialisées, lesquelles déterminent l'accessibilité et l'activité fonctionnelle de la chromatine.

Certaines signatures doivent être distinguées :

  • H3K4me3, triméthylation de la lysine 4 de l'histone H3, est associée aux promoteurs actifs ;
  • H3K27me3, triméthylation de la lysine 27 de l'histone H3, est associée à une répression dépendant des complexes Polycomb ;
  • H3K9me3, triméthylation de la lysine 9 de l'histone H3, caractérise généralement une chromatine fortement répressive.
Attention

Méthylation de l'ADN et méthylation des histones

La méthylation de l'ADN est généralement répressive dans un promoteur, mais la méthylation d'une histone peut être activatrice ou répressive selon le résidu concerné. Le mot « méthylation » ne suffit donc pas à prédire l'effet transcriptionnel.

Transmission au cours des divisions cellulaires

Entretien de la méthylation de l'ADN

La réplication de l'ADN est semi-conservative : chaque molécule fille contient un brin ancien et un brin nouvellement synthétisé. Juste après la réplication, un site CpG auparavant méthylé devient donc hémiméthylé : le brin parental porte la marque, mais pas encore le brin nouveau.

DNMT1 reconnaît préférentiellement cette situation, avec l'aide de protéines associées à la chromatine, puis méthyle la cytosine correspondante sur le nouveau brin. Le profil parental sert ainsi de matrice fonctionnelle pour reconstituer le profil de méthylation.

Rétablissement des marques d'histones

Lors de la réplication, les nucléosomes parentaux sont désassemblés puis leurs histones sont réparties entre les deux molécules filles. Des histones nouvellement synthétisées complètent les nucléosomes, ce qui dilue initialement les marques parentales.

Les anciennes histones marquées servent ensuite de points d'ancrage à des protéines de lecture. Celles-ci recrutent des enzymes d'écriture capables de déposer des marques semblables sur les histones voisines nouvelles. Il s'agit donc moins d'une copie exacte de chaque histone que d'un rétablissement local de l'état chromatinien.

À retenir

Principe de la mémoire épigénétique

Après la réplication, DNMT1 recopie la méthylation sur les sites CpG hémiméthylés, tandis que des boucles de lecture et d'écriture rétablissent les modifications d'histones. Ces mécanismes maintiennent un état d'expression sans modifier la séquence de l'ADN.

Points clés
  • L'épigénétique modifie durablement l'expression des gènes sans changer la séquence de l'ADN.
  • La méthylation des cytosines concerne principalement les dinucléotides CpG.
  • La méthylation d'un îlot CpG promoteur est généralement associée à une répression transcriptionnelle.
  • L'effet d'une modification d'histone dépend du résidu, du degré de modification et des autres marques présentes.
  • DNMT1 entretient la méthylation après réplication, tandis que les systèmes de lecture et d'écriture rétablissent les marques d'histones.
  • La mémoire épigénétique est stable au cours des divisions cellulaires, mais demeure réversible.

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    • 4.2Rétablissement des marques d'histones lock — section verrouillée