B10 · Probabilités
Variables aléatoires discrètes : loi, espérance et variance
Définir la loi de probabilité d'une variable aléatoire discrète, sa fonction de répartition et ses paramètres. Traiter les lois conjointes et marginales, l'indépendance et les opérations sur les variables aléatoires.
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Variable aléatoire discrète et loi de probabilité
Une expérience aléatoire produit une issue appartenant à un univers . Une variable aléatoire associe à chaque issue une valeur numérique, ce qui permet de remplacer l’étude directe des issues par celle de nombres.
Les valeurs possibles de constituent son support, noté ici . Si elles sont indexées par un entier , on écrit . Une variable discrète peut donc avoir un nombre fini ou infini dénombrable de valeurs possibles.
Loi de probabilité
La fonction est aussi appelée fonction de masse. Elle vérifie deux conditions indispensables :
- chaque probabilité est positive ou nulle ;
- la somme des probabilités sur toutes les valeurs possibles vaut .
Pour tout sous-ensemble de valeurs numériques, la probabilité que appartienne à s’obtient en additionnant les masses correspondant aux valeurs de : .
Fonction de répartition
La fonction de répartition est croissante, comprise entre et et continue à droite. Elle tend vers lorsque tend vers et vers lorsque tend vers .
Pour une variable discrète, est une fonction en escalier. Son saut au point est exactement égal à . La fonction de répartition contient donc toute l’information de la loi.
Paramètres d’une variable aléatoire
Espérance
L’espérance existe comme nombre réel lorsque la série converge. Elle ne correspond pas nécessairement à une valeur effectivement prise par .
Pour une fonction numérique , l’espérance de la variable transformée s’obtient directement par , lorsque cette somme est définie.
L’espérance est linéaire : pour des constantes réelles et , . Plus généralement, sans qu’il soit nécessaire que et soient indépendantes.
Variance et écart-type
La variance est toujours positive ou nulle. Elle est nulle si et seulement si est constante avec une probabilité égale à . Pour des constantes et , : l’ajout de déplace la loi sans modifier sa dispersion.
Lois conjointes et lois marginales
L’étude simultanée de deux variables et exige de connaître la probabilité de chaque couple de valeurs possibles.
La somme de toutes les probabilités conjointes vaut . La loi conjointe contient davantage d’information que les deux lois prises séparément, car elle décrit également la manière dont les variables varient ensemble.
Indépendance et dépendance
La notion générale d’indépendance entre événements est étudiée dans la fiche précédente. Pour des variables discrètes, elle se traduit par une factorisation de toute la loi conjointe.
Si et sont indépendantes et possèdent des espérances finies, alors .
La covariance peut aussi s’écrire . L’indépendance implique une covariance nulle, à condition que les moments nécessaires existent.
Opérations sur les variables aléatoires
Transformation d’une variable
Si , la loi de est obtenue en regroupant toutes les valeurs de ayant la même image par . Pour toute valeur , on additionne donc les probabilités des vérifiant .
Somme de variables
La loi de se déduit de la loi conjointe en additionnant les probabilités de tous les couples satisfaisant . Lorsque et sont indépendantes, la loi conjointe se factorise : cette opération porte le nom de convolution discrète.
Pour les paramètres :
- , indépendamment de toute hypothèse d’indépendance ;
- ;
- si et sont indépendantes, alors .
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