B10 · Tests d'hypothèses
Choisir le test adapté à une situation
Construire un arbre de décision à partir du type de variables, du nombre de groupes et de l'appariement. Vérifier systématiquement les conditions d'application avant de conclure.
Biostatistiques et méthodes d'analyse8 min de lecture17 QCM corrigés
Le choix d’un test repose sur la structure des données
Un test statistique ne se choisit ni à partir de la valeur observée ni après avoir regardé la significativité. Il se choisit avant l’analyse, à partir de la question posée, de la nature des variables et du plan d’étude.
Le principe des hypothèses, des risques et , de la puissance et de la valeur est traité dans les fiches précédentes. Ici, l’objectif est uniquement de déterminer quel test est compatible avec la situation.
Les premières questions sont toujours les mêmes :
- La variable d’intérêt est-elle quantitative ou qualitative ?
- Cherche-t-on une comparaison, une association ou une corrélation ?
- Combien de groupes ou de mesures sont concernés ?
- Les observations sont-elles indépendantes ou appariées ?
- Les conditions propres au test envisagé sont-elles satisfaites ?
Première bifurcation : type de variable et objectif
Une variable quantitative prend des valeurs numériques sur lesquelles les opérations arithmétiques ont un sens. Une variable qualitative répartit les individus en catégories.
Il faut aussi identifier l’unité statistique, c’est-à-dire l’entité sur laquelle une observation est réalisée. Deux mesures ne sont indépendantes que si la connaissance de l’une n’apporte aucune information structurelle sur l’autre.
Comparer une variable quantitative
Une moyenne à une valeur de référence
Lorsqu’une seule population est observée et que sa moyenne est comparée à une valeur théorique fixée à l’avance, on utilise un test de comparaison d’une moyenne à une norme.
Le test paramétrique usuel est le test de Student à un échantillon. Son emploi suppose notamment :
- une variable quantitative ;
- des observations indépendantes ;
- une distribution approximativement normale dans la population, surtout si l’effectif est faible ;
- l’absence de valeurs extrêmes exerçant une influence excessive.
Les règles de calcul et la statistique de test appartiennent à la fiche consacrée à la comparaison d’une moyenne à une référence.
Deux groupes indépendants
Pour comparer une variable quantitative entre deux groupes indépendants, le choix dépend des conditions d’application :
- si les hypothèses paramétriques sont satisfaites, on utilise un test de Student pour groupes indépendants ;
- si elles ne le sont pas et qu’une méthode fondée sur les rangs est adaptée, on utilise le test de Mann-Whitney.
L’égalité des variances doit être examinée avant d’employer la version du test de Student qui la suppose. Si les variances diffèrent, une version adaptée aux variances inégales est nécessaire.
Deux mesures appariées
L’analyse ne porte alors pas sur deux séries indépendantes, mais sur la différence calculée au sein de chaque paire :
- si les différences sont approximativement normales, on utilise le test de Student apparié ;
- si cette condition n’est pas satisfaite et que l’analyse par rangs est pertinente, on utilise le test de Wilcoxon pour séries appariées.
La normalité à vérifier est donc celle de la distribution des différences, et non nécessairement celle de chacune des deux séries prises séparément.
Plus de deux groupes
Les tests de comparaison de deux groupes ne doivent pas être multipliés pour analyser plus de deux groupes : la répétition des tests augmente le risque global de conclure à tort.
Il faut alors recourir à un test global adapté au nombre de groupes, à leur indépendance ou à leur appariement et aux conditions de distribution. Ces méthodes dépassent le périmètre détaillé de ce sous-bloc.
Comparer des variances
Lorsque la question porte spécifiquement sur la dispersion d’une variable quantitative dans deux populations, on choisit un test de comparaison de variances.
Ce choix suppose de vérifier :
- que les observations sont indépendantes ;
- que la variable est quantitative ;
- que les populations satisfont les hypothèses de distribution requises, souvent la normalité ;
- que l’objectif porte bien sur les variances et non sur les moyennes.
Une différence de variances ne signifie pas une différence de moyennes. Inversement, une comparaison de moyennes peut nécessiter de tenir compte de variances inégales sans que celles-ci constituent l’objectif principal.
Analyser des variables qualitatives
Comparer des proportions
Lorsqu’une variable d’intérêt qualitative binaire est comparée entre des groupes indépendants, on utilise un test de comparaison de proportions. Le choix entre une approximation asymptotique et un test exact dépend notamment des effectifs.
Si les effectifs attendus sont insuffisants, l’approximation utilisée par certains tests devient peu fiable et un test exact doit être envisagé.
Pour des données qualitatives appariées, le test usuel d’indépendance n’est pas adapté : un test consacré aux proportions appariées est requis, hors du périmètre détaillé de cette fiche.
Tests du khi-deux
Le test du khi-deux, noté , est choisi selon la question :
- conformité : comparer une distribution observée à une distribution théorique ;
- indépendance : rechercher une association entre deux variables qualitatives dans une population ;
- homogénéité : comparer la distribution d’une variable qualitative entre plusieurs populations indépendantes.
Son utilisation suppose des observations indépendantes, des catégories mutuellement exclusives et des effectifs attendus suffisants. Les règles précises de calcul des effectifs attendus sont traitées dans la fiche sur les tests du khi-deux.
Étudier deux variables quantitatives
Lorsque deux variables quantitatives sont mesurées sur les mêmes unités statistiques, l’objectif n’est plus de comparer des groupes mais d’étudier leur relation.
- La corrélation linéaire mesure l’intensité et le sens d’une liaison linéaire.
- La régression linéaire décrit la variation moyenne d’une variable en fonction de l’autre selon un modèle linéaire.
Avant de tester une corrélation linéaire, il faut contrôler l’indépendance des unités, la forme approximativement linéaire de la relation, l’absence de valeurs excessivement influentes et les conditions de distribution requises par le test choisi. La corrélation ne démontre jamais une relation causale.
Arbre de décision pratique
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